Fondements

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Le rassemblement de la gauche pour la construction de la nation humaine universelle

 

1    Notre constat : l’âge de la désillusion

A la chute du mur de Berlin, on nous annonçait la « fin de l’histoire », une ère nouvelle où le capitalisme allait enfin pouvoir montrer tout son potentiel pour le bien vivre de l’humanité.

C’est une arnaque ! Nous vivons la monopolisation aux mains de quelques-uns, de toute la richesse et du potentiel de notre planète, jetant dans la misère une part grandissante de la population mondiale.

 Le capitalisme nous parle de concurrence, de non-intervention de l’état, de liberté d’expression et de démocratie. En réalité, il construit des monopoles, utilise les états pour sauver ses banques, contrôle les médias, soutient les dictatures tandis que le « tyran argent » manipule les démocraties formelles. Les salaires et les acquis sociaux étant systématiquement revus à la baisse, de plus en plus de gens vivent dans une situation d’esclaves. En générant de plus en plus de douleur et de souffrance, le capitalisme va à l’encontre de l’intention humaine.

Le capitalisme dit qu’il est la solution pour le progrès social et le développement humain, alors qu’il génère austérité, misère, famines, guerres et qu’il détériore notre planète.

Les mensonges, incohérences et limites de ce système ne trompent plus personne. C’est l’âge de la désillusion, ce système se meurt. La population et les jeunes en particulier ne se font plus d’illusions sur les capacités de ce système. Un peu partout dans le monde apparaissent des mouvements sociaux, des révoltes populaires, des élans de solidarité, des initiatives petites et grandes, qui veulent rompre avec le passé, appellent au changement et lancent un cri d’espoir. Il ne s’agit pas d’une alternative, mais bien du nouveau système en train de naitre.

Aujourd’hui, la responsabilité de la gauche est d’ouvrir la voie à cette nouvelle étape pour l’humanité, dans ce moment extraordinaire de l’Histoire où pour la première fois, nous vivons dans une civilisation mondiale, riche de ses diversités.

Dans cette nouvelle étape, la réponse viendra des Peuples dans leur ensemble en tant que mouvement social et non pas d’un parti ni d’une religion ou d’un leader illuminé d’une idéologie particulière.

Dans ce sens le Parti Humaniste est enthousiaste et actif pour la construction d’une unité de la gauche dans le respect des diversités.

2    Notre soutien à l’appel de la FGTB et la CNE de Charleroi du 27 avril 2013

Cet appel est un élément essentiel pour rendre espoir et dignité à tous ceux qui aujourd’hui subissent austérité, misère et injustice. Le Parti Humaniste s’engage à appuyer la mission qui a été confiée au comité de soutien, organisateur du meeting du 27 avril 2013, à savoir

Cet appel unitaire peut être la réponse à toutes ces personnes qui s’interrogent sur la division de la gauche et l’absence d’actions communes face aux injustices sociales et à l’austérité.

La diversité de la gauche est riche de toutes les sensibilités et sera un atout si nous nous rassemblons. Par contre si cette diversité est manipulée pour être au pouvoir, pour mener des carrières personnelles, pour prendre une revanche sur d’anciennes querelles non réconciliées, alors elle nous mène tout droit à l’échec.

Ce travail nécessite une profonde réconciliation entre toutes les organisations et aussi avec soi-même. La résolution des conflits ne signifie pas oubli ou pardon mais une totale compréhension de leurs ultimes racines.

3    Notre positionnement

Les humanistes ont toujours pris particulièrement soin de considérer le pouvoir politique comme un moyen de plus - en aucun cas le seul, ni même le plus important - pour poursuivre une révolution qui, entre autres, aspire à désarticuler pour toujours la relation perverse entre pouvoir et violence à travers des formes d'action et de lutte non-violentes.

Le Parti Humaniste est disponible pour toute initiative œuvrant pour l’unité de la gauche dans une logique de collaboration respectueuse. Nous ne soutiendrons pas ceux qui sont dans une recherche de succès de leur seule organisation.

Les élections sont des moments importants. En tant qu’organisation politique, nous ferons campagne à chaque fois, même sans présenter des candidats.

Nous ne briguons pas des postes, mais nous voulons utiliser tous les moyens à notre disposition pour montrer de nouvelles possibilités. Nous valorisons le travail humble et senti de tous ceux qui aiment véritablement les gens et qui ne méprisent pas cette tâche, solidaire, anonyme et sans bruit, de s’intéresser à chacun au quotidien. C’est le chemin pour sortir de l’individualisme qui a envahi le cœur des gens.

Concrètement, le Parti Humaniste pose comme seules conditions :

Dans le respect de ces conditions, nous sommes prêts à mettre notre énergie et notre humble organisation au service de la gauche pour que dès les élections de 2014, commence à parler de nouveau le destin qui a fait bouger les Peuples dans leur meilleure direction évolutive.

4  Notre projet

Dans ce qui suit, et dans un but d’information, sans que ce soit nullement des conditions à notre participation à un rassemblement de la gauche, nous exposons quelques fondements de notre projet politique.

4.1     Deux piliers : l’Etre humain et la non-violence active

4.2     L’Etat pour garantir la solidarité et la justice sociale

D’une part, l'État se trouve aujourd’hui discrédité, affaibli et il se transforme en un instrument docile du totalitarisme du capital financier. D'autre part, le tissu social, qui était la base du pouvoir des populations, est totalement désagrégé. Pour contenir le capital financier, il est nécessaire d'ériger des contre-pouvoirs.

Nous voyons deux voies pour créer ces contrepoids:

L'état pourra ainsi encadrer le capital tandis que la communauté organisée encadrera l'état, en régulant le pouvoir de celui-ci.

La fiscalité juste et équitable sur le travail et le capital sera un outil essentiel pour l’Etat pour rencontrer les besoins de la population et orienter l’économie vers les priorités démocratiquement choisies.

4.3     Organisation Sociale

Nous proposons d'avancer vers des modes d'autogestion populaire qui empêchent, depuis leur genèse, toute forme de domination.

Le changement véritable n'est pas le remplacement d’un puissant par un autre, d'un dominateur par un autre, mais l'absence totale des puissants et le dépassement définitif d'un ordre social qui implique des dominateurs et des dominés.

4.4     La démocratie réelle : un état fort dirigé par un peuple fort

La formule d’un État fort et d'un peuple faible a abouti aux totalitarismes étatiques qui écrasaient la liberté à travers la violence institutionnelle.

Un État faible et un peuple faible ont produit un vide de pouvoir qui a permis l'irruption d'un état parallèle illégitime, dans les mains du pouvoir financier international, qui maintient les sociétés « kidnappées » imposant des conditions de violence économique généralisée.

Un État et un peuple forts pourraient établir entre eux un équilibre dynamique de pouvoirs. Mais, dans la mesure où les communautés coordonnées de façon adéquate augmenteraient leur pouvoir réel, la domination étatique diminuerait proportionnellement et l'organisation collective s'approcherait chaque fois plus de l'idéal d'une démocratie directe.

Quand les peuples seront capables de prendre toutes les décisions en ce qui les concerne directement, alors la liberté cessera d'être un simple mot pour se transformer en réalité sociale, longuement espérée et durement conquise.

La démocratie récupérera son âme quand le peuple en sera à nouveau le protagoniste. Cette énergie collective va se manifester dans toute sa plénitude seulement quand sa participation sera synonyme de décisions, situation qui deviendra effective si on met en marche certaines transformations de fond du système démocratique, visant à transférer à la majorité organisée différents niveaux de décision, chaque fois plus importants.

4.5     La Loi de responsabilité politique

Aujourd’hui éthique et politique semblent être deux mots incompatibles. Les partis traditionnels ne représentent plus les différentes sensibilités mais sont devenues des machines électorales productrices de carrières personnelles et de fonctionnaires publics qui ont perdu leurs liens avec les peuples. Dans ce contexte, les pires corrompus continuent malgré leurs méfaits à mener leurs carrières sans être inquiétés. La loi de responsabilité politique doit être un outil mis à la disposition des citoyens pour démettre ceux qui, une fois élus, trahissent les électeurs qui les ont mis au pouvoir.

4.6     L’Economie au service de l'être humain

L’Etat doit orienter l’économie avec un nouveau contrat social, y compris avec le secteur privé, non pas comme concurrent, mais comme complémentaires en éliminant les monopoles. L’Economie doit libérer l’être humain du travail et non pas l’enchaîner et l’opprimer davantage. L’argent doit être un outil au service de l’échange et de la production des biens et services nécessaires à la population.

L’argent servant à faire de l’argent est l’aberration responsable de la crise que nous connaissons aujourd’hui. Il faut donc interdire l’usure et les taux d’intérêts et mettre en place des banques publiques, aux niveaux national et local, fonctionnant sans taux d’intérêt, avec seulement des frais administratifs pour assurer leur fonctionnement.

La démocratie doit aussi entrer dans l’économie et les entreprises. Il est tout à fait anormal et féodal que les travailleurs, partie prenante importante et indispensable dans l’entreprise, n’aient pas le droit à la parole dans les décisions. Nous proposons donc la propriété participative des travailleurs qui leur permettra d’être impliqués majoritairement dans leur entreprise et de répartir de manière juste et équitable les profits.

Dans cette forme d’économie, les coopératives et les initiatives d’économies associatives auront une place privilégiée et seront encouragées. Il s’agit de modifier profondément les relations sociales et économiques.

4.7     Santé, éducation et qualité de vie.

Vaincre la douleur et la souffrance a, de tout temps, été le moteur de l’évolution humaine, ce chemin tant de fois dévié, mais toujours retrouvé dans les tournants de l’Histoire.

Dans ce sens, la santé, l’éducation et la qualité de vie sont des priorités absolues pour les humanistes.

L’accès à la santé et à l’éducation de qualité doit être garanti pour tous gratuitement.

La qualité de vie est également indispensable pour garantir une égalité d’opportunités pour tous. Dans ce sens la déclaration universelle des droits humains, même si elle est imparfaite est un outil qu’il serait très intéressant d’appliquer partout et en totalité : droit au logement, justice, travail, santé, éducation, liberté d’opinion, liberté religieuse, liberté d’association, …etc.

4.8     Paix et Désarmement

Au sommet de l’impérialisme et de la violence du capitalisme, trône la menace de l’arme nucléaire. Les cinq membres permanents du conseil de « sécurité » de l’ONU et leurs alliés en possèdent le quasi-monopole et en interdisent l’accès aux autres. Le démantèlement des armes nucléaires serait un signe d’un changement radical de société, dont la suite logique sera le désarment progressif et multilatéral de l’armement traditionnel. Le budget mondial annuel connu de l’armement est d’environ 1500 milliards de dollars qui à eux seuls seraient déjà suffisants pour la mise en place d’une bonne partie de nécessités reprises ci-dessus.

Il faut exiger :

4.9     Environnement et Énergie !

Dans les années 70, le monde s'est réveillé en constatant les catastrophes environnementales de l'action prédatrice de la société « pré 68 ». N'ayant aucune solution sans remettre en question le libéralisme, s'en est suivi le néolibéralisme dans les années 90, incorporant dans son vocabulaire les mots « écologistes », et dans ses outils stratégique, la dépollution économiquement rentable, pas la non-pollution. Depuis « l’an 2000 » c'est l'ultralibéralisme qui pointe son nez, anéantissant peu à peu toutes les lois limitant sa croissance à tout prix, reléguant la vrai écologie à des rêveurs « out of date », et créant la mode du « tout green » bien rentable. Passons à une politique de consommateur responsable qui prend en compte les ressources naturelles limitées et l'écosystème au lieu de la politique actuelle de la croissance économique et boursière.

En détournant le sens et les valeurs des choses, cette mode pollue même nos esprits, où des salades « BIO » valent plus que des enfants mourant de faim et de maladie. Une période où l'obsolescence programmée des produits pour consommer plus, rime avec l'énergie nucléaire, la guerre nucléarisée et la faim dans le monde, tout ça estampillé « BIO » ou « OGM included ». Tout cela est faux et inutile, inutile pour vivre et nuisible à la vie même. Notre style de vie actuel, dit « civilisé », détruit la vie !

Vivre en symbiose avec la nature est technologiquement possible, sans manquer de rien, et sans retourner aux cavernes. Consommer infiniment peu, une durabilité et un recyclage total sont aussi possibles. La pollution ZERO existe dans la nature, et nous savons le faire.

Nous avons besoin d'une éducation à vivre responsable de ces actes, à ne pas gaspiller, ni énergie, ni outils, ni nourriture, sans se priver et en partageant. Nous ne parlons pas de vivre petit, au contraire, vivre heureux et en symbiose. C‘est une éducation à la non-violence et au respect de soi même, respect des autres, responsabilité de ses actions. Il s’agit de s’insérer dans le cycle de la vie plutôt que de la soumettre.

Notre environnement est la conséquence de notre société, il n'est pas commercialisable ni négociable.

Des milliards d'emplois spécialisés et valorisant ne demandent qu'à voir le jour, si on change le regard de la politique et la direction de l'économie !

4.10                 La Nation Humaine universelle

Mort ou vie? Intérêt personnel ou solidarité? Intolérance ou Respect? Trahison ou Cohérence ? Guerre ou Paix?

Ce choix entre la voie du « Oui » ou la voie du « Non », propre à l’humain et à sa capacité d’imaginer son futur, nous le faisons individuellement dans les décisions que nous prenons, dans les actes que nous posons. Mais l’humanité est aussi devant ce choix : s’autodétruire ou faire un pas important dans la lutte contre la douleur et la souffrance ? Aujourd’hui, dans ce moment particulier de l’histoire où, pour la première fois, tous les humains sont connectés, la construction de la Nation Humaine Universelle est le chemin qui s’offre à nous.

La Nation Humaine Universelle consistera principalement en une confédération de nations, multiéthniques, multiculturelles, multiconfessionnelles ; il s'agit de la convergence de la diversité humaine. Pour que ce nouveau monde se consolide, il est urgent et nécessaire de modifier radicalement le système de relations sociales et économiques qui nous régit aujourd'hui. Le moment de mettre l'économie au service de l'être humain et non l’humain au service d'un ordre économique aberrant est donc arrivé.

4.11                 En synthèse

« C’est l’image et la représentation d’un futur possible et meilleur qui permet de modifier le présent et qui rend possible toute révolution et tout changement. Par conséquent, la pression des conditions opprimantes ne suffit pas pour que se mette en marche le changement, mais il est nécessaire de signaler que ce changement est possible et dépend de l’action humaine. Ce n’est pas une lutte entre des forces mécaniques, ce n’est pas un réflexe naturel, c’est une lutte entre des intentions humaines ». Nous devons modifier notre façon de penser en même temps que nous travaillons pour ces changements sociaux.

Ce n'est pas la première fois que l'être humain se trouve dans un carrefour historique semblable, ceci est arrivé à beaucoup d'occasions dans le passé. Différentes civilisations ont été remplacées les unes par les autres. La différence aujourd’hui est qu'il n'y a pas une civilisation hors de la crise qui puisse donner les réponses nécessaires. Dans un monde globalisé il n'y a personne « en dehors » de cette crise.

Une révolution sociale humaniste se caractérise, principalement, par une réorientation de tout le système, de la production à la distribution. Dans une société authentiquement humaine, un acharnement sera mis à améliorer radicalement les conditions de vie des peuples au-dessus de tout autre intérêt.

Paix, Force et Joie

 

Références :

Silo                              « Lettres à mes amis » (éditions Références - France)

Tomas Hirsch             « Une proposition politique pour la nouvelle civilisation »
Communication lors du 2ème Symposium du Centre Mondial d'Études Humanistes à Punta de Vacas (Argentine) du 29 au 31 octobre 2010

Guillermo Sullings      « Mas alla del capitalismo : Economia mixta » (Virtual Ediciones - Argentina)

 

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