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Si chacun se sent ainsi, qu'est-ce qu'on attend pour construire ensemble !
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Paix-Désarmement

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Divulguer les crimes de guerre n'est pas un crime !

 

Chelsea-Bradley Manning, le soldat américain reconnu coupable de la plus grande fuite de documents secrets de l'histoire des Etats-Unis, s'est vu infliger une peine de 35 ans de prison, mercredi 21 août 2013, par une cour martiale.
Après plus de deux mois de procès, la juge militaire Denise Lind a en outre décidé son renvoi de l'armée pour "déshonneur", notamment pour des faits d'espionnage, de fraude et de vol de quelque 700.0000 documents diplomatiques et militaires confidentiels, transmis au site WikiLeaks. Le procureur avait requis au moins 60 ans de prison.
Il a été jugé sans bien sur pouvoir présenter « les documents secrets » pour sa défense.

 

La défense de Bradley Manning, informateur présumé du site WikiLeaks, a essuyé un revers important avec la décision d’un juge militaire de lui interdire de présenter des éléments destinés à montrer que ses actions n’ont pas porté de graves préjudices aux Etats-Unis. Manning, 24 ans, pourrait passer le reste de sa vie en prison. (afp)

Manning croyait que ce qu’il faisait « allait aider les gens, non pas blesser les gens ». Avec le recul, sur sa décision, il se demandait comment il avait pu croire qu’un jeune analyste « pouvait changer le monde pour le meilleur ou changer les décisions de ceux qui ont une autorité compétente ». (Le grand soir)

Extrait de sa lettre de demande de grâce envoyée au président Obama :

« Dans notre zèle pour tuer l’ennemi, nous avons eu des débats en interne sur la définition du mot “torture”. Pendant des années, nous avons détenu des individus à Guantanamo sans respecter aucune procédure régulière. Nous avons fermé les yeux sur la torture et les exécutions perpétrées par le gouvernement irakien. Et nous avons laissé passer nombre d’autres actes au nom de notre guerre contre la terreur.

Le patriotisme est souvent invoqué quand des actes moralement douteux sont préconisés par des dirigeants. Quand ces appels au patriotisme prennent le dessus sur les interrogations légitimes, c’est généralement au soldat américain que revient la charge de mener à bien des missions immorales »  (Le Soir)

(Lettre complète en fin d'article)

La question majeur dans la lettre du soldat Manning à été de « savoir s’il voulait vivre, et dans quelles conditions il voulait vivre » et sa courageuse réponse lui a donné toute sa dignité d’être humain.

Dans la « Lettre à mes amis » n°5 (1993) on peut lire :
« …
 Des millions de personnes luttent aujourd’hui pour subsister, ignorant si demain elles pourront vaincre la faim, la maladie, l’abandon. Leurs manques sont si grands que tout ce qu’elles tentent pour sortir de ces problèmes complique davantage leur vie. Resteront-elles immobiles, remettant à plus tard leur suicide ? Tenteront-elles des actes désespérés ? Quels types d’actions, de risques ou d’espoirs seront-elles disposées à affronter ? Que fera celui qui, pour des raisons économiques, sociales ou simplement personnelles se trouvera en situation-limite ?
 La question la plus importante consistera toujours à savoir si l’on veut vivre et dans quelles conditions.  

 Le sacrifice des objectifs en échange de succès conjoncturels. : Toute personne engagée dans une action conjointe, toute personne qui agit avec d’autres pour atteindre des objectifs sociaux qui ont un sens, doit être consciente des nombreuses défaillances qui, dans le passé, ruinèrent les meilleures causes. Machiavélismes ridicules, personnalismes placés au-dessus de la tâche décidée ensemble, et autoritarismes de toutes sortes remplissent les livres d’histoire et notre mémoire personnelle.
De quel droit utilise-t-on une doctrine, une formulation d’actions, une organisation humaine, en déplaçant les priorités qu’elles expriment ? De quel droit proposons-nous un objectif et un destin à d’autres, si ensuite on pose comme valeur prioritaire un hypothétique succès ou une présumée nécessité conjoncturelle ? Quelle serait la différence avec le pragmatisme que nous prétendons rejeter ? Où serait la cohérence entre ce que nous pensons, sentons et faisons ?

 Les manipulateurs ont, de tout temps, pratiqué l’élémentaire escroquerie morale consistant à présenter à d’autres une image d’avenir mobilisatrice, tout en gardant pour eux-mêmes une image de succès immédiat.
 …
 Nécessité d’une redéfinition du rôle des forces armées : Aujourd’hui, les forces armées tentent de définir leur nouveau rôle. Cela a débuté à la fin des années 80, lorsque l’Union Soviétique a entrepris des initiatives de désarmement proportionnel et progressif. La diminution des tensions entre les superpuissances a fait prendre un virage au concept de défense dans les pays les plus importants. Cependant, le remplacement progressif des blocs politico-militaires (particulièrement du Pacte de Varsovie) par un système de relations plutôt coopératives, a activé des forces centrifuges qui entraînent maintenant de nouveaux chocs en différents points de la planète. Il est certain qu’en pleine période de guerre froide, les conflits localisés étaient fréquents et souvent prolongés ; cependant, actuellement ils ont changé de caractère, menaçant de s’étendre dans les Balkans, dans le monde musulman et dans diverses zones d’Asie et d’Afrique.
…»
Et dans la « Lettre à mes amis » n°9 (1993) on peut lire :
« …
Les violations des droits de l’homme ont augmenté dans le monde avec des catastrophes comme les guerres … la lutte contre les militants islamiques provoqua une détérioration de la condition des droits de l’homme dans différents pays arabes comme l’Algérie et l’Egypte. Des tortures, des procès injustes, des assassinats politiques, des “disparitions” et autres violations graves furent perpétrés par des agents gouvernementaux dans tout le Moyen-Orient. En Egypte, … Mais ce qui a été mentionné précédemment n’épuise pas la question des droits de l’homme ni, en conséquence, les violations dont ils souffrent.
Les droits de l’homme, la paix et l’humanitarisme comme prétextes d’intervention :
Aujourd’hui, on parle avec une vigueur renouvelée des droits de l’homme. Cependant, la couleur politique de ceux qui font flotter cet étendard a changé. Les progressistes ont activement travaillé, ces dernières décennies, à la défense de certains principes qui avaient été préalablement consacrés par le consensus des nations. Bien entendu, il ne manqua pas de dictatures qui, au nom de ces droits, se moquèrent de leur nécessité et de la liberté personnelle et collective.

On assaisonne le tout avec des arguments de bien-pensant. Et sur ce point, il faut faire très attention, car même si on intervient dans des pays tiers pour des raisons humanitaires évidentes pour tous, des précédents pourraient s’instaurer pour justifier de nouvelles actions sans raisons ni humanitaires ni évidentes pour tous. On observe que les Nations Unies, comme conséquence du processus de mondialisation, jouent un rôle militaire croissant non sans danger. Une fois de plus, on compromet la souveraineté et l’autodétermination des peuples par la manipulation des concepts de paix et de solidarité internationale.

Les droits de l’homme n’appartiennent pas au passé, ils sont là-bas dans le futur, aspirant l’intentionnalité, nourrissant une lutte qui se ravive à chaque nouvelle violation du destin de l’homme. Par conséquent, toute réclamation qui se fait en leur faveur a un sens, parce qu’elle montre aux pouvoirs actuels qu’ils ne sont pas tout-puissants et qu’ils n’ont pas le contrôle du futur. »

La lutte pour la pleine entrée en vigueur des droits de l’homme amène nécessairement à la remise en question des pouvoirs actuels en orientant l’action vers la substitution de ceux-ci par les pouvoirs d’une nouvelle société humaine.
… »
 (Silo)  

Mort ou vie? Intérêt personnel ou solidarité? Intolérance ou Respect? Trahison ou Cohérence ? Guerre ou Paix?

Ce choix entre la voie du Oui ou la voie du Non, propre à l’humain et à sa capacité d’imaginer son futur, nous le faisons individuellement dans les décisions que nous prenons, dans les actes que nous posons. Mais l’humanité est aussi devant ce choix : s’autodétruire ou faire un pas important dans la lutte contre la douleur et la souffrance. Aujourd’hui, dans ce moment particulier de l’histoire où pour la première fois tous les humains sont connectés, la construction de la Nation Humaine Universelle est le chemin qui s’offre à nous.

La Nation Humaine Universelle consistera principalement en une confédération de nations, multiethniques, multiculturelles, multiconfessionnelles ; il s'agit de la convergence de la diversité humaine.

Souhaitons donc la meilleure suite à Chelsea, qui va même répudier sa masculinité Bradley, ce qui n’est pas évident dans l’armé, en prison, aux USA puritains.

Et considérons les vrais problèmes de notre société, qui ont poussé cette personne à ce geste de grand courage et de respect de la vie, de la dignité humaine et de l’honneur.


Pour finir je donnerai quelques citations :

« Les actes contradictoires et unitifs s’accumulent en toi. Si tu répète des actes d’unité intérieure rien ne pourra t’arrêter » (Silo)

«Dès que quelqu'un comprend qu'il est contraire à sa dignité d'homme d'obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l'asservir.»
(Mahatma Gandhi - 1869-1948 - Hind Swarâj)

« L'homme est soumis à l'obligation de se laisser guider dans toutes ses actions par des considérations morales.  »
« La vraie moralité ne consiste pas à suivre les sentiers battus, mais à découvrir ce qui est pour nous-mêmes la vraie voie et à la suivre avec intrépidité. Tout véritable progrès est impossible sans une telle poursuite acharnée de la vérité.  »
(Gandhi - Extraits des Lettres à l'Ashram)

« Nul homme qui aime son pays ne peut l'aider à progresser s'il ose négliger le moindre de ses compatriotes.  »
(Gandhi - Extrait du Ganesh)



--------- Voici le texte en entier de sa demande de grâce envoyée au président Obama ---------------------------


«La décision que j’ai prise en 2010 est le fruit d’une inquiétude pour mon pays et pour le monde dans lequel nous vivons. Depuis les événements tragiques du 11 Septembre, notre pays est en guerre. Nous sommes en guerre contre un ennemi qui a fait le choix de ne pas nous affronter sur un champ de bataille classique. A cause de cela, nous avons dû adapter nos méthodes pour combattre ces menaces faites à notre mode de vie et à nous-mêmes.

Au début, j’étais en accord avec ces méthodes et j’ai choisi d’aider mon pays à se défendre. Ce n’est qu’une fois en Irak, lorsqu’au j’ai eu accès quotidiennement à des rapports militaires secrets, que j’ai commencé à m’interroger sur la moralité de ce que nous faisions. C’est à ce moment que j’ai pris conscience que dans notre effort pour contrer la menace ennemie, nous avions mis de côté notre humanité. En toute conscience, nous avons choisi de dévaluer le coût de la vie humaine en Irak et en Afghanistan. En combattant ceux que nous percevions comme nos ennemis, nous avons parfois tué des civils innocents.

Chaque fois que nous avons tué des civils innocents, au lieu d’en assumer la responsabilité, nous avons décidé de nous retrancher derrière le voile de la sécurité nationale et des informations classifiées afin de ne pas avoir à rendre de comptes publiquement.

Dans notre zèle pour tuer l’ennemi, nous avons eu des débats en interne sur la définition du mot “torture”. Pendant des années, nous avons détenu des individus à Guantanamo sans respecter aucun procédure régulière. Nous avons fermé les yeux sur la torture et les exécutions perpétrées par le gouvernement irakien. Et nous avons laissé passer nombre d’autres actes au nom de notre guerre contre la terreur.

Le patriotisme est souvent invoqué quand des actes moralement douteux sont préconisés par des dirigeants. Quand ces appels au patriotisme prennent le dessus sur les interrogations légitimes, c’est généralement au soldat américain que revient la charge de mener à bien des missions immorales.
Notre nation a déjà traversé ce genre de troubles au nom de la démocratie : la Piste des larmes, l’affaire Dred Scott, le Maccarthysme, Internement des Japonais-américains pour n’en citer que quelques-uns. Je suis convaincu que la plupart des actions menées depuis le 11 Septembre seront un jour perçues de la même manière.
Comme le disait feu Howard Zinn, “Aucun drapeau n’est assez large pour couvrir la honte d’avoir tué des innocents.”

Je sais que j’ai violé la loi. Si mes actions ont nui à quelqu’un ou aux Etats-Unis, je le regrette. Il n’a jamais été dans mes intentions de nuire à qui que ce soit. Je voulais seulement aider. Quand j’ai décidé de révéler des informations classifiées, je l’ai fait par amour pour mon pays, avec un sens du devoir envers autrui.
Si vous refusez ma demande de grâce, je purgerai ma peine en sachant qu’il faut parfois payer un lourd tribut pour vivre dans une société libre. Je serai heureux d’en payer le prix si, en échange, nous pouvons vivre dans un pays basé sur la liberté et qui défend l’idée que tous les hommes et les femmes naissent égaux.»


Bradley Manning, le 21 août 2013